Raccrochage scolaire

Maison de la jeunesse 12-17 de Valleyfield

L'histoire d'Amélie est loin d'être unique

À 16 ans, Amélie, l'ainée d'une famille éclatée de quatre enfants, donne naissance à Léa-Rose. Le poupon est en bonne santé, c'est ce qui compte le plus. Du coup, Amélie cesse aussitôt de fréquenter la maison des jeunes. En revanche, elle garde contact avec Maggy, une intervenante-animatrice de la MDJ avec qui elle entretient une relation de confiance. Aux yeux d'Amélie, Maggy est comme une grande sœur.

Bon, deviner quoi? Le père fout le camp avec une autre fille à peine 6 mois plus tard. Il ne s'en est jamais caché, il n'a jamais voulu de cet enfant-là. Sous le choc et sans-le-sou, Amélie n'a d'autre choix que de retourner vivre chez sa mère, elle aussi monoparentale avec trois garçons de deux pères différents (11, 7 et 4 ans). Rien pour s'ennuyer, c'est clair. Surprenamment, la cohabitation mère-fille-enfants se passe bien quoique sa mère trouve qu'Amélie sèche beaucoup de cours ces temps-ci et qu'elle fréquente des amis.es peu recommandables à son goût. Forcément, ce qui devait arriver arriva. Brillante élève vouée à un futur prometteur, Amélie abandonne l'école, incapable de conjuguer les études, le travail et une vie sociale excessivement active. À travers ses lunettes roses, elle est persuadée que le gazon est plus vert ailleurs.

 

Le fond du baril

À 17 ans, le lendemain de son anniversaire bien arrosé, elle se trouve un boulot de caissière à temps complet dans un marché d'alimentation à deux pas de chez elle. Après deux mois, Amélie trouve difficile de joindre les deux bouts avec un maigre salaire de 13,90 $ l'heure, le minimum prescrit par la Loi. De nature généreuse, sa mère lui refile un peu d'argent de temps en temps. Le problème, c'est que le train de vie d'Amélie va bien au-delà de ses capacités financières. Les factures s'empilent, sa carte de crédit est pleine, le guichet automatique la boude et pire, elle traine une dette de drogue. Ah oui! J'ai oublié de vous dire; Amélie consomme régulièrement des opioïdes question d'embrumer ses soucis. Tannée de tirer le diable par la queue, elle quitte son emploi sans avertissement afin de profiter de la vie... de sa mère un tantinet naïve, et de la PCU. Les semaines passent et la situation d'Amélie ne s'améliore guère. Elle ne reçoit plus de PCU et sa mère arrête net de lui donner de l'argent depuis qu'elle a épongé toutes ses dettes. Une bagatelle de 2 856 $. Un soir de fête, Amélie rencontre un gars de 24 ans au passé lourd et reconnu pour être un fin manipulateur. Arrivera-t-elle à se sortir de son marasme?

 

De la lumière au bout du tunnel... et ce n'est pas un train

Grâce à l'amour inconditionnel que sa mère lui porte et aux suivis serrés de Maggy, à présent éducatrice spécialisée dans un centre jeunesse, Amélie reprend le contrôle de sa vie et fait de meilleurs choix. Aujourd'hui, Amélie a 21 ans et décide de poursuivre ses études. Elle pète le feu et file comme une flèche dans le droit chemin. Fini les garçons narcissiques et sans ambition, la drogue et les partys interminables. Désormais, elle mène une vie rangée, elle travaille à temps partiel comme apprentie machiniste dans l'entreprise de son oncle et elle prend son rôle de mère très au sérieux. Elle fréquente assidument le centre d'éducation aux adultes de son patelin où elle obtiendra sans trop d'embûches son diplôme d'études secondaires. Inscrite au cégep dans un programme menant au DEC en techniques de génie mécanique, Amélie caresse le rêve de décrocher un emploi en aéronautique. Sky is not the limit!

Quant à Maggy, elle est vraiment fière du chemin parcouru par Amélie. En dépit de leur emploi du temps chargé, les filles gardent contact. Elles s'échangent fréquemment des textos et partagent un repas de temps à autre. Un lien significatif les unit. Pas de doute.

 

Histoire fictive inspirée de la réalité
par Marc-André Messier

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